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J'étais heureux de les voir descendre du bus. Je les admire. Ces mots, relatifs aux vétérans américains venus il y a soixante ans libérer Thionville et les environs, sont sortis de la bouche d'un jeune pompier volontaire, Matthieu, 17 ans et membre de l'association Abris Bichel-sud. Hier, deux événements étaient célébrés sur la place de la Halle, devant le monument aux Morts de Koenigsmacker: l'armistice du 11 novembre 1918 et le soixantième anniversaire de la Libération. Hymnes américain et français ont sonné en cette froide journée de novembre, suivis de peu par l'incontournable Chant des partisans. Cet anniversaire représentait pour la commune l'occasion d'inaugurer une plaque commémorative, en présence du Général Sholar, rendant hommage à ces soldats venus se battre, certains mourir, en terre lorraine.
Guy-Henri Kleiner, maire de Koenigsmacker, n'oublia pas de remercier ces hommes, au nom de la population qu'il représente, et de souligner combien l'amitié entre les Nations françaises et américaines, au-delà des dissidences politiques actuelles, était forte. Le tout servi par le premier magistrat dans la langue de Shakespeare, parfaitement compris au vu des hochements de têtes et des applaudissements. Le Général Sholar, venu à maintes reprises en France, a lui aussi rendu hommage à ce lien entre les deux peuples, "ayant toujours ressenti de la part des Français un profond respect pour les Américains.
Ce sentiment est d'ailleurs partagé par les vétérans de la 90e, même si certains y ont apporté une nuance. "Quand nous traversons des villes que nous avons libérées, nous ressentons une profonde reconnaissance de la population française. Elle est très chaleureuse et accueillante. Mais dans les autres villes, comme Paris, les gens sont distants, indifférents, raconte Harry Barnes. Ce vétéran, entouré de deux amis également Anciens Combattants de la 90e, Arthur Meier et Bill Herbert Sisk, se souvient de ce débarquement et des mois qui ont suivi. Aucun d'eux n'était préparé à ce qui les attendait. "Nous n'avions jamais été au combat auparavant. Certaines divisions avaient été en Italie, mais nous, nous étions des bleus", expliquent ces hommes, âgés à l'époque d'une vingtaine d'années, heureux aujourd'hui d'être là pour cette commémoration. |