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Le unit general James Polk qui a servi sous les ordres du général Patton en 1944, a conservé les lettres qu'il a écrites à sa femme lorsqu'il était en Europe. Et beaucoup de celles-ci ont trait à la période qu'il a passée sur les bords de la Moselle, au nord de Thionville (cf RL du 16 septembre). Mais qui était cet homme, décédé il y a quelques années, et qui a laissé un témoignage très important sur les événements de cet automne 1944 dans notre secteur?
Né en 1911 dans les Philippines où son père servait dans l'armée américaine, il suit les cours de l'école militaire et, en 1933, il sort de l'académie militaire de West Point. Il intégre alors la cavalerie, au sein d'une unité de reconnaissance mécanisée. Lorsque la guerre éclate en 1939, il est instructeur à West Point. Dans les mois qui suivent, il est admis à fréquenter les cours d'officier des états-majors.
En juin 1944, James Polk fait partie des troupes qui sont envoyées vers le Vieux Continent et qui débarqueront en Normandie, où il participe aux combats dans le bocage avec le 106e groupe de cavalerie. C'est au sein de cette unité qu'il a participé à la libération du territoire français, repoussant les Allemands vers l'Est de la France. En septembre 1944, on lui confie le commandement du troisième groupe de cavalerie qui venait juste d'arriver dans le secteur de Thionville, commandement qu'il conserve jusqu'à la fin de la guerre.
A 28 ans, il est le plus jeune lieutenant-colonel de l'armée américaine.
La mission du troisième de cavalerie, un régiment de reconnaissance mécanisé équipé de Jeeps et d'automitrailleuses qui n'était pas destiné à des engagements majeurs comme l'infanterie ou les blindés, était de tenir le flanc situé au Nord du XXe corps d'armée. Ce dernier était alors en train d'attaquer Metz et le troisième de cavalerie était positionné sur le secteur compris entre Thionville et la frontière luxembourgeoise. Le colonel Polk et ses hommes ont tenu ce flanc, en lançant notamment des patrouilles sur la rive droite de la Moselle et s'assurant que l'ennemi ne menait pas d'incursions sur la rive gauche.
Pendant cette période, l'officier américain raconte ce qui se passe dans les lettres qu'il envoie à son épouse, restée de l'autre côté de l'Atlantique. Et cela constitue au bout du compte un témoignage fantastique et inédit sur les événements qui se sont déroulés lors de l'offensive alliée entre avril 1944 et mars 1945. Polk y parle de tout son périple qui a débuté d'Angleterre, où il a débarqué pour la première fois jusqu'à son arrivée dans l'Est de la France. "Ce recueil a été constitué au départ par les lettres adressées à ma femme, explique James Polk. Mais on y a ajouté les rapports de l'armée, l'histoire des unités, les coupures de presse et les souvenirs qu'ils évoquent. Il faut savoir que nos courriers étaient très censurés. Il ne nous était pas permis de dire où nous étions, quelles étaient les unités autour de nous, dans quels types d'actions nous nous étions engagés ou encore d'utiliser le nom de haut gradés."
A la fin du conflit le colonel est resté en Allemagne avec les troupes d'occupation avant de revenir aux USA, pour un poste dans l'état-major à Fort Riley (Kansas). Transféré en Corée en 1948, dans l'état-major du 10e corps d'armée , sa carrière a pris un tour spectaculaire et a culminé avec sa nomination en 1966, comme commandant en chef des Forces américaines en Europe et commandant du groupe des armées Centre de l'Otan, comme général quatre étoiles. Après trente-sept années de service comme officier, il a pris sa retraite en 1971.
James Polk est décédé il y a tout juste quelques années, mais ses enfants seront présents du 10 au 17 novembre pour marcher sur les traces de leur père dans son épopée thionvilloise. De plus, devant l'intérêt suscité par ses lettres à leur mère, ils envisagent sérieusement de les publier. |