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Devenir un lieu de pèlerinage des vétérans américains
L'association Moselle River 1944 a marqué de son empreinte les commémorations du soixantième anniversaire de la Libération, dans le secteur de Metzervisse. Une réussite totale qui ne restera pas sans lendemain. Pour tous ceux qui ont pris part aux opérations menées avec l'association Moselle River 44, 2004 restera une année inoubliable. Le président, Pascal Moretti, et son comité, ont d'ailleurs mis un certain temps à « digérer » l'époustouflant programme mis sur pied, de septembre à novembre, dans le Thionvillois et sur une vingtaine de communes du canton de Metzervisse.
Les éloges n'ont pas manqué, à commencer par les vétérans et officiels américains qui, pour beaucoup, ne sont pas revenus de l'accueil qui leur a été réservé. Pascal Moretti a livré son sentiment sur le sujet et il évoque l'avenir d'une association qui compte bien ne pas en rester là.
Le Républicain lorrain: Quel bilan retirer des commémorations?
Pascal Moretti: Très positif. Les articles élogieux parus dans Le Républicain lorrain en sont la preuve. Sans parler des témoignages des vétérans à leur retour, ou encore des commentaires du consul américain en poste à Strasbourg, qui nous a fait l'honneur de sa présence en novembre dernier.
RL: Quel sentiment en ont gardé les vétérans?
P.M.: Tous les vétérans ont été surpris par la chaleur de l'accueil que leur a réservé la population et les communes. "Le voyage d'une vie", ont dit certains. Nous avons reçu des regrets de vétérans qui n'étaient pas venus, surtout quand leurs camarades leur ont raconté leur voyage. Le fait que nous ayons pris en charge les frais d'hébergement et de nourriture - ils étaient plus d'une cinquantaine à répondre à notre invitation - a permis à de nombreux vétérans de faire le déplacement. Ils n'auraient pas pu se payer le voyage autrement. La reconnaissance de leur action en 1944 a commencé par là.
RL: L'association est-elle bénéficiaire après cette importante opération?
P.M.: Nous n'avons tiré aucun bénéfice financier de cette commémoration. Ce n'était d'ailleurs pas notre but. Nous avons établi le programme des manifestations en fonction de notre budget. Nous avons pu compter sur une dynamique forte de bénévoles, des communes et de nombreux partenaires. Tout ce que nous avions promis a été tenu, et cela est le plus important.
C'est surtout en terme d'image de la région que nous avons été bénéficiaires. Maintenant, on peut supposer que la région deviendra une étape dans les "pèlerinages" de vétérans américains et de leurs familles. Si cela était le cas, nous aurions doublement atteint notre but.
Et il faut ajouter à cela les ouvrages que l'association a parrainés, 1 609 jours sous la botte de Jacky Kleiser et la bande-dessinée Un automne en enfer, de Sylvia Chieu, qui connaissent un joli succès d'édition, disponibles dans les mairies et chez certains marchands de tabac-journaux.
RL: Quel va être l'avenir de Moselle River? Y a-t-il des projets pour poursuivre ce qui a été commencé?
P.M.: Moselle River va continuer à oeuvrer pour la mémoire. Un DVD souvenir sera disponible d'ici le mois de février 2005. Nous essaierons de continuer à accueillir les vétérans, et de favoriser leur venue ici. Il y en a déjà qui reviendront, dès le printemps, avec leurs familles.
Nous allons pérenniser le travail entrepris par la mise en place d'un sentier de mémoire. Enfin, nous avons un autre projet en commun avec l'Office national des Anciens Combattants.
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